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La Communauté de Communes du Cap Corse : un plan de prévention des incendies exemplaire

Le 2 juillet dernier a eu lieu à Pietracorbara la dernière assemblée générale de la Communauté de Communes du Cap Corse. A l’ordre du jour de cette séance de travail d’importants dossiers : l’état d’avancement des travaux sur le réseau Edf, la politique de prévention et de lutte contre les incendies, les projets de recycleries …

Consulter les articles de presse :

• Le corse Matin : "Le dispositif du Cap Corse a valeur de modèle"

• Le petit Bastiais N°331 : "Communauté de Communes du Cap Corse : un plan local de prévention des incendies exemplaire"



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la Communauté de Communes du Cap Corse en mouvement…

Lors de sa dernière interview parue dans le Corse Matin du 31 Mai, le Président Pierre CHAUBON évoque tous les grands sujets traités par la Communauté de Communes


Question 1 : Quel bilan peut on tirer de l’activité de la Communauté de Communes du Cap Corse ces dernières années ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Je ne suis pas un adepte de l’autosatisfaction. Je ne vais donc pas m’extasier sur le bilan. Nos moyens sont modestes et notre territoire cap-corsin souffre encore, hélas, et malgré nos efforts, d’un retard évident de développement économique et d’aménagements structurants.
Pour autant, la Communauté de Communes travaille, dans un cadre de dialogue démocratique que je crois exemplaire, pour le présent et l’avenir du Cap : dans les domaines de l’environnement, de la promotion touristique, de la coopération méditerranéenne, des projets éducatifs locaux, en soutien à la vie culturelle, en termes d’aménagements…

Question 2 : Concrètement, qu’est ce qui a été réalisé ?
Réponse de Pierre Chaubon :
De manière très concrète, le transfert à la Communauté de Communes des compétences de traitement et de la collecte des ordures ménagères, voulu par les communes du Cap, nous a beaucoup mobilisés ces dernières années.
Il a fallu remettre de l’ordre et de la cohérence, aux plans juridique et financier, et harmoniser l’ensemble des politiques. S’agissant du traitement, nous avons adhéré au Syvadec et nous travaillons en bonne intelligence avec cette structure et son Président François Tatti.
Concernant la collecte, nous avons accompli un travail considérable, avec Ange-Pierre Vivoni et André Maury, Vice-présidents de la Communauté, et Marie-José Luciani et Frédéric Marucchi, mes collaborateurs, sur la gestion des ressources humaines, le renouvellement du matériel (notamment des véhicules de collecte), l’organisation des tournées, la rationalisation des dépenses et l’harmonisation des marchés publics.
L’action de la Communauté ne s’est pas limitée à cette Question, importante, de gestion des déchets ménagers.
La Communauté a procédé à des travaux de renforcement des dispositifs de défense et de prévention des incendies, avec la mise en place de 9 citernes réparties sur le territoire.
Elle a mené, avec succès, comme chef de file, avec l’appui du bureau d’étude ICALPE et de son directeur Michel Dubost, dans le cadre du programme Interreg, le projet « Altra Isola », de coopération avec la Costa Verde, en Corse, l’Archipel Toscan et 8 communes de Sardaigne, qui a débouché sur l’adoption d’une charte, sur des publications communes, et sur la réalisation, dans le Cap, de 18 promenades thématiques autour des 18 communes membres de la Communauté, avec panneaux, topoguides et jeux de cartes postales…
Il y a aussi l’organisation annuelle d’un contrat éducatif local, avec des activités, pendant et hors temps scolaire, aussi diverses que la voile, la natation, le jeu d’échecs…. ; le soutien à des manifestations de qualité, comme « a fiera di u vinu », à Luri, le festival d’Erbalunga, le concours de chant lyrique, à Canari, ou encore à l’inventaire du patrimoine du Cap Corse réalisé par l’association Petre Scritte ; la création et l’entretien de sentiers de randonnées ; les éditions promotionnelles ; ou encore l’aménagement de marines, comme, par exemple, à Giottani, Albu ou Santa Severa…

Question : Malgré les travaux successifs dans la micro-région, la route reste un point noir dans le paysage Cap-Corsin. Qu’attendez-vous du futur président du Conseil Général ?
Réponse de Pierre Chaubon :
D’une manière générale, qu’il soit aussi attentif et réactif que l’actuel !
Mais aussi que le nouveau président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse, Paul Giacobbi, le soit davantage que le précédent, ce qui ne devrait pas être très difficile !
Précisons notre pensée : François Orlandi, Conseiller Général de Capo Bianco, consacre avec son collègue Jean Motroni, Conseiller Général de Sagro, une attention soutenue à la Question des routes du Cap, et il en rend compte régulièrement, et avec application, à l’assemblée générale de la Communauté de Communes.
L’ensemble du réseau routier de la RD 80 est en chantier : entre les travaux déjà réalisés, sur plusieurs tronçons, ceux qui sont en cours, de manière effective, sur d’autres segments, et ceux à venir, mais qui sont engagés administrativement, on ne pourra plus parler de « point noir » en évoquant le réseau du Cap. Mais dans cette affaire, le Conseil Général de la Haute- Corse a assumé seul, sous l’autorité de Paul Giacobbi, les opérations, sans soutien de la CTC pourtant sollicitée à plusieurs reprises.
La RD80 et la RD180 méritaient pourtant, et méritent toujours, d’être considérées comme d’intérêt régional et d’obtenir, à ce titre, des aides financières de la CTC, en synergie avec le Département.
Cette recherche d’une meilleure synergie entre collectivités pourrait d’ailleurs produire des effets et des résultats dans bien des domaines, et en particulier celui des ports de pêche et de plaisance qui constituent une des richesses du Cap.

Question : Il existe des inégalités entre les façades Est et Ouest du Cap. Un équilibre est-il possible ? Sous quelles conditions ?
Réponse de Pierre Chaubon :
C’est vrai, et le travail de la Communauté est aussi de rechercher cet équilibre, par la voie d’une solidarité plus et mieux partagée. Mais ce n’est pas facile car nous partons de loin…

Question : La mairie de Rogliano entretient des relations avec les compagnies maritimes italiennes pour mettre en place une ligne Macinaggio-Toscane. Ce projet a-t-il des chances d’aboutir ? Quels en seraient les débouchés ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Je suis très favorable à ce projet porté par Patrice Quilici, maire de Rogliano. La Communauté dans son ensemble le soutient et le soutiendra.
La Commune de Rogliano a d’ores et déjà décidé d’inscrire ce projet dans le plan nautique régional et de créer les structures nécessaires à sa réalisation, une digue, un quai, des voies de dégagement des véhicules… ; un cahier des charges est élaboré… bref, les conditions sont aujourd’hui réunies pour faire prospérer et, je l’espère ardemment, aboutir ce projet ambitieux dont les buts seraient de développer le Cap aussi par le Nord et de permettre à des visiteurs d’arriver par Bonifacio et de repartir par Macinaggio et, réciproquement, d’arriver par Macinaggio et de repartir par Bonifacio.
Ce serait un atout formidable pour le Cap et si je puis y contribuer, avec la Communauté et à la CTC, où je siège, je le ferai.

Question : Le tourisme estampillé « vert » est-il toujours une des priorités de la micro-région ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Sans aucun doute. Le Cap-Corse, à travers ses sentiers de randonnées, ses marines, ses paysages, dispose de tous les attraits pour développer un tourisme durable de qualité. Nous y contribuons.

Question : Vers quel développement la Communauté de Communes souhaite-t-elle s’orienter ?
Réponse de Pierre Chaubon :
D’abord, il faut affirmer que le développement est une nécessité vitale, dans ses dimensions économique, sociale et culturelle.
Ensuite il faut être conscient que le développement ne se décrète pas facilement.
Ceci posé, nous devons nous efforcer de favoriser un développement touristique, mais aussi agricole, artisanal, énergétique, culturel…en harmonie et à la mesure de ce qu’est le Cap-Corse : à taille humaine et de grande qualité.

Question : Les projets photovoltaïques ou éoliens ont-ils progressé ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Dans le Cap, pas au rythme souhaité !
Le projet éolien Meria-Morsiglia a obtenu les autorisations nécessaires. Nous espérons un démarrage prochain.
Il existe quelques projets photovoltaïques qui progressent : Ogliastro, Barrettali et Meria ont reçu les avis favorables de la CTC ; Ogliastro a même obtenu une validation par le Conseil des Sites de février dernier. Nous souhaitons que ces projets débouchent rapidement.
Il reste que, pour favoriser le développement des énergies renouvelables, dans le Cap comme ailleurs, il faut revaloriser le prix de rachat de l’énergie produite, comme cela se fait dans l’outre-mer, afin de garantir la rentabilité des investissements à réaliser.

Question : Du point de vue énergétique, où en est-on avec les projets de renforcement du réseau électrique ?
Réponse de Pierre Chaubon :
A l’issue de l’hiver 2007 particulièrement agité en terme de pannes sur les réseaux électriques du Cap Corse, je me suis rapproché d’EDF pour demander un état des lieux et un plan d’action pour améliorer la distribution dans la zone.
Au cours d’une réunion qui s’est tenue le 30 mai 2008, à ma demande, EDF et le Syndicat d’Electrification ont exposé leurs projets.
EDF, sur la période 2008-2011, a prévu d’investir près de 7M€ pour fiabiliser davantage ses ouvrages du Cap Corse, soit un effort annuel deux fois plus important que celui réalisé sur la période 1990 à 2007.
Deux axes de travail ont été arrêtés :
• Des investissements par la création de plus de 30 km de réseau en souterrain pour réduire la sensibilité climatique et renforcer la qualité de l’alimentation et par l’installation de nouveaux organes de télécommande.
• Une maintenance renforcée des ouvrages avec de l’élagage et des visites de lignes pour prévenir les incidents (150 km de lignes inspectées par hélicoptère et 60 km à pied).

Un comité de suivi a été mis en place et il est composé de représentants de la Communauté de Communes du Cap Corse, d’EDF et du SIEGNNE. Il s’est réuni très régulièrement en 2008 et 2009 pour faire le point sur l’avancement des 7 chantiers retenus.
A ce jour ils sont tous lancés et les travaux seront terminés comme prévu fin 2011.
Certains sont d’ailleurs déjà achevés comme le renforcement du transformateur 90 kv dans le poste source de Sisco, la création de nouveaux interrupteurs télécommandés ou le basculement sur le réseau souterrain de 9 postes MT/BT au sud de Macinaggio.

Question : La nouvelle assemblée territoriale aura-t-elle un rôle à jouer dans l’évolution de la micro-région ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Un rôle majeur, naturellement. En tout état de cause un rôle bien supérieur à celui observé dans le passé récent. S’agissant des routes et des ports, on l’a évoqué.
Plus généralement, dans le PADDUC à venir ; en matière de territorialisation, en reconnaissant, comme avait fini par le faire Ange Santini, que le Cap Corse constitue un territoire à part entière, susceptible de créer, par exemple, son office de pôle touristique…, et capable de coopérer avec les territoires qui l’entourent, et au-delà…
Je compte pour cela sur le nouveau conseil exécutif et sur son Président.

Question : Côté écologie, quels sont les projets en cours et à venir ?
Réponse de Pierre Chaubon :
C’est une dimension essentielle de notre action passée, que nous allons évidemment poursuivre et approfondir.
Nous avons, par exemple, beaucoup travaillé à la prévention contre les incendies et nous allons réaliser une 2ème phase de mise en place de cuves sur tout le territoire.
Mais le grand projet à venir dans ce domaine concerne la mise en place d’un programme très achevé, très ambitieux, et relativement onéreux (d’un montant estimé de prés de 1,3 millions d’euros) de tri sélectif.
60 points d’apport volontaire, équipés de bornes enterrées, d’une dalle de propreté, d’une palissade en bois exotique, et de barrières permettant la sécurisation et l’intégration esthétique sont ainsi prévus pour le tri du verre, des journaux, revues et emballages ménagers recyclables.
50 points de regroupement seront réalisés pour assurer le tri sélectif du verre pour les seuls professionnels, en bacs roulants, avec dalles de propreté et palissages en bois exotique.
Nous voulons donner à cette vaste réalisation un caractère exemplaire et organiser une grande opération de communication pour en favoriser la réussite.

Question : D’autres projets ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Je veux aussi signaler un projet important de création d’un nouveau site internet de la Communauté, un portail particulièrement complet, réactif et interactif, comportant les informations les plus diverses sur le Cap, l’activité de la Communauté, les communes qui la composent, et dont la vocation sera à la fois économique, touristique et culturelle.
Deux Vice-présidents, Antony Hottier et Dominique Antoni s’y sont particulièrement consacrés avec notre secrétaire générale et toute notre équipe.
Le site sera présenté à la presse et au public avant l’été.

Question : Quelle est votre réflexion sur les enjeux du littoral du Cap Corse ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Elle tient en peu de mots et s’appuie sur une série d’études que la Communauté de Communes a réalisées dans un passé récent : le respect de la loi littoral et, d’une manière générale, des textes et des procédures en vigueur ; l’amélioration dans ce cadre des marines et des ports existants ; une attention soutenue aux enjeux architecturaux, qui n’exclut pas un peu d’imagination créatrice ; l’utilisation de matériaux adaptés…

Question : Quelles sont les conditions requises pour favoriser le développement du milieu rural et parvenir à installer de nouvelles familles ?
Réponse de Pierre Chaubon :
Le milieu rural en général, celui du Cap en particulier, sont en situation de grande faiblesse démographique et de retard chronique de développement et d’aménagement.
Nous devons agir sans relâche sur tous les leviers – accès, énergie, tissu commercial, soins, confort…- pour favoriser, au-delà de l’accueil des visiteurs, l’installation de nouvelles familles.