
C’est sans doute sa situation d’enclavement, sur la partie occidentale du Cap, qui explique le recul démographique qu’elle enregistre depuis 1862.
A cette époque elle comptait 257 habitants. Les chiffres du XXe siècle témoignent du déclin historique de la société agro-pastorale insulaire : 174 habitants en 1922, 79 en 1963, 77 en 1972.
Olcani est composée de deux hameaux : Lainosa et Ferragini. C’est à Ferragini que se dresse l’un des rares « clochers-murs » du Cap Corse. Ils sont trois au total avec celui de Pietracorbara et celui de Saints Côme et Damien à Rogliano. A côté, la grande bâtisse du presbytère sera réaménagée en appartements pour des locations à l’année (2010). En face, l’église paroissiale Saint-André ; derrière l’église, ce qu’il reste du beau bâtiment de la confrérie Sainte Croix transformé en cimetière collectif : la chose surprend mais l’ensemble église-presbytère-clocher ne manque pas de charme. Non loin de là, toujours à Ferragini, la chapelle dédiée à Saint-Roch fait le pendant à la chapelle Saint-Jean du hameau de Lainosa au parvis de pierres. La chapelle romane dédiée à San Quilicu (XIe siècle), construite sur un terre-plein circulaire, est une curiosité locale. Reste le pont génois qui conduit à des points de baignade dans la rivière (les pozzi) où se rendent les jeunes en été.
En dehors de la période estivale qui voit la population tripler, Olcani peine à freiner l’exode rural qui touche toutes les familles. L’école a fermé en 1977. Les deux enfants scolarisés en primaire vont à Canari tandis que ceux qui sont au collège se rendent à Saint-Florent.
Le bar-restaurant des années 70 a lui aussi fermé. Un boulanger ambulant cuit le pain au village pour le vendre ailleurs tandis que deux autres boulangers le cuisent ailleurs pour le vendre au village.
Il y a, à Olcani, des bovins sans éleveurs déclarés et des vaches qui déambulent dans les ruelles.
Quelques actifs travaillent à Bastia et font le va-et-vient quotidien (une heure de route). Le week-end, la commune retrouve des couleurs avec le retour hebdomadaire d’une trentaine de personnes. A noter, le projet de création (2010) d’une association foncière pour la relance de l’oliveraie et de la châtaigneraie locales.
Enfin, Olcani, est une commune classée : les toits de lauze y sont obligatoires, ce qui donne au village une unité architecturale intéressante.

C’est sur le parvis fraîchement dallé de la chapelle Saint-Jean à Lainosa que l’on découvre le mieux Olcani. Non pas une vue générale mais un passage plus intime, en surplomb des jardins. Un beau muret en pierre qui fait banc autour de la sobre façade de l’édifice, une croix en fer forgé, un grand tilleul qui donne de l’ombre et le cirque des montagnes qui borde l’horizon. A 700 m plus haut, au point de passage du col, c’est une autre chapelle dédiée à Saint-Jean qui marque la frontière entre le Cap occidental et le Cap oriental, à trois kilomètres à vol d’oiseau.








